Ce chat, pacha charmeur et charmant est un vrai chapardeur. L’autre jour, il tenta d’échapper aux gardes, caché dans un chariot, pour rentrer au château jouer au chasseur de souris mais se fit attraper et finit en chapeau.
Marine Sidney-Renaud
Trash poème
Mon seigneur et maître m'a dit
Tu es la plus belle
Mon seigneur et maître m'a dit
Va te faire belle
Mon seigneur et maître m'a dit
Tu n'es même pas belle
Mon seigneur et maître n'a rien dit
Il m'a mis à la poubelle
Je ne sais pas si je suis encore belle belle
Depuis que je ne vois plus le jour, jour, jour,,,
Emmanuelle POINSENOT
Lu à la KLAM
L’instant T
Où suis-je ?
Où vais-je ?
Où vis-je ?
Qu’y puis-je ?
Que fuis-je ?
Que fais-je ?
Que tais-je ?
Que dis-je ?
Qui suis-je ?
Et surtout, … surtout…
A quoi sers-je ?
Ouahhh ! L’autre, eh, les questions…
Laisse tomber, dis donc, quoi…
Remarque, c’est peut-être des questions qu’il faudrait se poser, parce que pendant qu’on se les pose pas
Tic tac, tic tac, la Terre tourne, et le temps avec !
En tous cas, moi,
Je suis pas le jour J
Je ne suis pas l’heure H
Je suis pas l’instant M
Pas non plus l’instant O
Encore moins l’instant R
Mais je suis bien l’instant T
Ce tout petit moment
Qu’on dit d’éternité
L’instant à vos marques
L’instant prêt,
L’instant partez
Je te tends la main gauche
Que tu prends gauchement
Pendant que tu te rends
Tu poses tous tes bagages
Tes valoches tes cabas
Tes armoires à souvenirs
Parce que là où tu vas
T’en auras plus besoin
T’en fais pas, de là-bas
Tu vas pas revenir
Quand t’auras tout posé
Ça sera pile le moment
De rendre ton dernier souffle
Tu as peur, t’as la trouille
T’as les jetons, tu sais bien
Qu’ça va partir en couille
Mais tu vas voir, c’est rien
Rien qu’un nouveau départ,
Ce nouveau quelque part
Cet endroit qui t’attend
C’est le vent
C’est l’odeur dans le ciel
Qui précède l’orage
C’est la pluie passagère
Qui fera pousser les rêves
La fabrique à fantasmes
C’est le cri d’un orgasme
Au loin dans la forêt
C’est tout ça à la fois
Et tant d’autres choses encore
Et même si t’as plus de corps
Pour sentir sur ta peau
Les frimas de l’hiver,
La brûlure de l’été
Y a des milliards de frères,
De cousines lointaines
Grâce à ton dernier souffle,
Qui vont en profiter.
Et pour ce dernier souffle,
Ne t’inquiète surtout pas
Il sera pas perdu,
Pile poil à cet instant
Sera dans les poumons d’un gosse,
Dans le cri d’un mouflet
D’un qui viendra de naître,
Montrant qu’il est vivant… vivant
Alors….
Je suis pas le jour J,
Je ne suis pas l’heure H
Je ne suis qu’un instant
Ce tout petit moment
Qu’on dit d’éternité
L’instant à vos marques
L’instant prêt,
L’instant partez
Je vous attends
Boa
LA PORTE
Aujourd’hui, je vais ouvrir une porte. Ma Porte que je tiens tellement close. L’enfermement n’est pas loin :
— Prostration.
C’est la porte de ma maison, celle bien fermée, bouclée en trois points comme le veut la loi.
Je vais ouvrir la porte de mon cœur, car c’est fini les cœurs en portes clés souvenir :
— Libération.
J’ai pris mon porte-plume qui connaît mes peines et mes cauchemars. Je vais pousser les mots sur cette page vierge et poser mes larmes. A côté de moi, une petite clé, celle de la porte du paradis :
— Inspiration.
J’ai fait ce choix d’ouvrir cette porte parce que j’ai le courage, aujourd’hui, de tout laisser sur le porte-manteau :
— Résolution.
Le sourire tel une profonde inspiration va accueillir, sur le bord de mes lèvres, l’expiration libératrice :
— Méditation.
Je suis sur le pas de porte et voici que la porte de ma chambre s’ouvre :
— Stupéfaction.
Un portefeuille, en porte-à-faux sur une chaise, m’importe.
Les porte-bonheurs, accumulés attirent mon regard :
— Hésitation
Je n’ai pas perdu la raison, juste le fil de ma vie.
La voilà, cette clé, je l’ai retrouvée !
Elle ouvrira je le sais, cette porte vers l’Amour.
Martine Morant
J’suis toute pétée. Y’a plus grand-chose qui marche. Bravo, belle réussite de prendre sur soi tout le temps depuis si longtemps…
« ça va, je suis juste un peu fatiguée »
Fatiguée, mon cul, ouais !
Et maintenant ? Comment on fait, maintenant, hein ?
Comment on se remet en marche ? Comment on avance ?
Parce que bon, faut bien le dire, avancer quand juste sortir du lit c’est une épreuve, ça rend les choses plus compliquées.
Marcher allongée, c’est pas ouf. Ramper. Voilà, c’est ça. Faut ramper.
Glisser hors du lit et ramper jusqu’au canapé. Ce sera déjà une victoire.
Ou une étape vers la victoire.
Et les autres étapes, ce sera quoi ?
Comment on sait ? Comment on fait ?
J’y arriverai pas toute seule…
Putain, mais comment j’ai pu en arriver là ?!
Tiens… t’es là, toi ?
Tu me tends la main.
Ok, pourquoi pas.
Si tu me tiens bien,
si je peux m’appuyer sur toi,
je vais peut-être pouvoir avancer un peu.
Me voilà sur mes pieds.
C’est toujours plus digne que l’espèce de larve sur le parquet.
Ça va mieux avec de l’aide.
Mais, comment ça, c’est à moi de m’aider ??
Je suis juste paumée, là !
Je sais pas où je vais, je sais pas où je dois aller et je sais encore moins où je veux aller.
Vous êtes marrants, vous, là. Si j’ai eu un mode d’emploi, ben j’l’ai paumé depuis un bon bout de temps on dirait. Ou on a oublié de me le donner. Je sais pas, c’est pas un truc qu’on nous file à nos 18 ans ou quelque chose comme ça ? Peut-être moi, il s’est perdu en chemin (ce qui serait bien la preuve que c’était le mien). Il est parti dans ses pensées et il a oublié ce qu’il devait faire.
Ohé ! Si quelqu’un a trouvé ma notice d’utilisation, ce serait cool de me la renvoyer, histoire que je puisse enfin consulter la partie « bugs et résolutions » ou plutôt « pannes et réparations », histoire que je termine pas à la casse.
Marine Sidney-Renaud
J’écris pour me souvenir des choses avec précision.
J’écris pour ne pas oublier la moitié de mes courses.
J’écris pour envoyer des nouvelles, souhaiter un anniversaire, une bonne année.
J ‘écris pour réfléchir, clarifier mes idées.
J’écris pour me purger de mes mauvaises pensées.
J’é-crie pour hurler ma colère en silence.
J’écris pour tester mes crayons, le papier.
J’écris pour le plaisir à l’atelier.
J’écris pour imaginer des histoires et en écouter.
J’écris pour envoyer un message.
Corinne
J’écris pour moi
J’écris pour me vider la tête
J’écris pour éponger mon cœur
J’écris pour dire ce que je n’arrive pas à sortir tout haut
J’écris pour moi
J’écris pour vérifier que je suis toujours là
J’écris pour me retrouver
J’écris pour garder mon moi merveilleux, fantaisiste, enfantin
J’écris pour moi
J’écris pour toucher
J’écris pour faire sourire
J’écris pour dire je t’aime
J’écris pour moi
J’écris pour penser
J’écris pour réagir
J’écris pour crier
J’écris pour moi
J’écris pour faire des expériences
J’écris pour faire passer des messages
J’écris pour créer, toujours
J’écris pour moi
Et j’écris pour vous aussi
Marine Sidney-Renaud
Me revoilà enfin chez moi. Des semaines à voyager, rencontrer des gens, parler… Je n’en pouvais plus ! Vraiment, je n’avais qu’une hâte, retrouver ma maison et surtout, surtout, mon bureau, son silence, son calme, sa sérénité.
J’ai l’impression de ne pas avoir arrêté une seconde pendant ce périple et de m’être quelque peu oubliée…
Je me suis regardée avec étonnement dans le miroir en rentrant dans ma chambre tout à l’heure. On dit de moi que je suis une belle femme. Je ne sais quoi en penser. A vrai dire, je m’en fiche un peu, pas mal même. Si j’avais pu écrire et rester dans l’ombre de ce bureau, mon refuge, mon antre, j’aurais été tout à fait heureuse. Je n’ai jamais cherché la lumière. Ce qui a toujours compté pour moi, c’est de pouvoir inventer des personnages qui résonnent chez les gens, de jouer avec les mots comme un peintre jouerait avec les couleurs, de fabuler des histoires qui font voyager le temps de ces quelques pages lues dans le métro, sous un plaid au coin du feu ou dans son lit.
Mais je dois bien nourrir mon imagination, ma réserve à fantaisie, mon herbier de personnages. Alors, de temps à autre, il me faut bien voyager pour de vrai.
Marine Sidney-Renaud
Il était une fois une fée suisse qui habitait dans le jura, le jura suisse bien sûr. Tous les matins, elle allait traire ces biquettes (qui ne s'étaient pas encore révoltées à cause du chaton tigré mais c'est une autre histoire). Grâce au lait de ces chères biquettes, elle confectionnait de délicieux fromages mi-sec qu'elle dégustait pour une partie et le reste était vendu au marché du coin.
Ces ventes lui permettaient de vivre tranquille, retirée dans sa chère campagne. Elle pouvait s'adonner à sa deuxième passion, illustrer des albums pour enfants. La forêt toute proche alimentait son imaginaire pour confectionner des histoires complètement abracadabrantesques.
Les enfants adoraient ces contes qui les faisaient chavirer dans un autre monde.
Mais un jour sa douce sérénité fut interrompue par l'arrivée d'un cochon dans sa ferme.
Elle ne savait pas trop quoi faire avec cet animal remuant et bruyant.
Et bruyant il l'était ! non seulement par son remuage incessant de la terre mais aussi parce qu'il parlait.
Elle avait invité toute sa smala pour cet anniversaire de la maturité.
Tu parles d'une maturité : encaisser les 40 piges et vous m'en reparlerez. Bon après tout il valait mieux rigoler et picoler plutôt que de déprimer et de ce côté là c'était plutôt réussi. La soirée avait été jusque là joyeuse et festive. Le moment des cadeaux arriva... Si d'une manière générale, les filles avaient visé juste et lui avait offert par exemple le dernier roman qu'elle attendait ou une écharpe douce et soyeuse qu'elle savourait des yeux avant de la déposer sur son cou frileux.
Pour les copains de longue date c'était une autre affaire surtout Stéphane qui était accompagné de sa nouvelle copine. La énième, elle n'allait pas durer longtemps celle-là, vraiment trop niaise pour son pote qui nous ramenait toujours le même genre de nana : grande, blonde mais rien dans la ciboule.
Cet abruti lui avait offert un chien que l'on peut déposer sur la plage arrière de la voiture et qui dodeline de la tête à chaque mouvement de l'auto. Le cadeau nul par excellence, cadeau d'un mec qui ne sait pas quoi offrir et qui ne connaît pas les goûts de sa copine d'enfance. Bon il suffira d'aller le rapporter à la boutique se dit-elle. La soirée avait fini au petit matin.
Le surlendemain, elle avait donné rendez-vous à Carole pour rapporter cet objet.
Elles étaient dans la boutique en train de plaisanter sur les goûts de leur ami d'enfance en matière de nana quand elles relevèrent, de concert leurs têtes rieuses, pour se retrouver face à face avec la copine de ce dernier. Leur joie de vivre tomba d'un coup.
MJF
Comment est le temps ?
C’est un drôle de bonhomme celui-là.
Selon à qui vous vous adresserez, vous n’obtiendrez certainement pas la même description.
Certains vous diront qu’il est plutôt grand, mince, avec une démarche remarquable, toujours très régulière et rythmée. Tic-tac. Tic-tac. Tic-tac.
D’autres rétorqueront que pas du tout, il est si petit et discret qu’ils le perdent souvent de vue et se demandent encore où il a bien pu filer.
D’autres encore s’agaceront de ne pas le saisir, de le trouver inconstant à parfois aller à toute vitesse et d’autres fois au ralenti. En plus, il le fait quand bon lui semble, bien évidemment. Il ne s’adapterait pas à nos souhaits.
Une fois, je l’ai vu s’arrêter un instant pour admirer un coucher de soleil. C’était beau. C’était doux. Un moment suspendu dans le mouvement perpétuel et effréné de la vie.
Il me prend souvent par la main ces derniers mois. Il essaie de me rassurer. Certaines choses ont besoin de plus qu’un claquement de doigt pour se résoudre, plutôt de longues promenades. Alors je l’accepte sans avoir vraiment le choix et je le laisse me guider à son rythme, je suis sa cadence et je me découvre patiente.
Marine Sidney-Renaud
Aujourd'hui, je vais vous parler de vos couilles.
Tous les maux du monde viennent de l'appareil génital dit "masculin". Vous ne me croyez pas ? Saviez-vous qu'avant, il y a très très longtemps, les femmes cis étaient supérieures à l'homme cis dans bien des civilisations. Jusqu'à ce que l'homme cis découvre qu'il avait un lien avec la procréation : son sperme.
Extrait d'olivia Gazalé, le mythe de la virilité, p. 268-269 :
"le devoir d'érection s'impose partout de manière si impérieuse qu'il explique (...) surtout l'infinie variété des traitements envisagés pour remédier aux dysfonctionnements éventuels. En matière d'aphrodisiaques, les croyances sont aussi diverses que fantaisistes : là où les chinois plébiscitent (entre autres potions) le bouillon d'hippocampe ou la corne de rhinocéros, les européens s'injectent un composé de testicules de chien ou de cochons d'inde, quand ils ne recourent pas carrément à la xénotransplantation en se faisant greffer des testicules de chimpanzé, de bouc ou de babouin. Il existe aussi des remèdes "désespérés", quand les Romains en viennent à manger leurs excréments ou les Elizabéthains à uriner à travers l'alliance de leur épouse ou dans la serrure de l'église le jour du mariage."
Bref, le jour où les hommes cis ont découvert que leurs couilles avaient un rôle dans l'humanité, ils ont perdu leurs cerveaux. Ils ont imposé la monogamie pour que les femmes cis ne risquent pas d'aller chopper un autre sperme que le leur.
C'est là qu'a commencé la dévalorisation et l'objectification du corps des femmes cis, puisqu'elles ne servent qu'à "stocker" leur sperme le temps qu'il devienne un petit être humain. C'est là qu'a commencé, aussi, la course à la virilité. Il faut être un homme fort, comprenez-vous. Et donc faire la guerre, pour montrer que les couilles, on les a, et bien remplies. Jusqu'au 17eme siècle, l'écriture était d'ailleurs inclusive. Mais c'était encore trop donner aux femmes cis.
D'ailleurs, le nazisme a aussi un lien avec un concours de couilles. Vous ne me croyez pas ? Éduquez-vous, j'en ai marre de le faire. (cf. p. 237 - 303 Olivia Gazalé)
Si les hommes cis sont tant centrés sur leurs précieux et qu'ils passent leur temps à faire des sous-classes d'hommes pour se rassurer de la taille de leur pénis, c'est qu'ils ont peur de nous, de notre puissance, de notre libre arbitre.
Sauf qu'à faire la guerre à tout le reste de l'humanité, et même entre eux, l'histoire tourne un peu en rond (autour de leur zgeg). Arrêtez de concourir, le but est vain. Et puis je crois qu'on vaut toustes plus qu'un concours de semence, ou de taille de bite. S'il vous plaît, pensez hors de vos couilles un instant avant que l'humanité ne s'éteigne. Qu'on puisse s'aimer un peu sainement en se déconstruisant mutuellement. Qu'on se libère toustes de ces normes intégrées par nous toustes, qui nous enferment dans des cases, des sous-classes, des sous-catégories. Essayons toustes ensemble de panser les plaies que le patriarcat a salement ouvertes et creusées en chacun·e de nous.
Sinon il nous faudra vraiment séparer les hommes cis de leurs couilles, et croyez-moi vous préférez ne pas en arriver là.
Si mon petit laïus ne vous a pas convaincu·es, je vais parler dans vos termes homophobes : si vous voulez vraiment être aimé·es des femmes cis et non des "hommes" (omg), écoutez ce qu'elles vous disent avant qu'on finisse par toustes mourir sous les coups.
ARG
Variations métriques
Telles des icônes dans la mémoire collective
Ces filles illuminent notre chemin
Telles des trésors à défendre par nos luttes
Elles répondent à nos questions
Pourquoi lutter ? Pourquoi continuer ? Pourquoi crier ? Pourquoi défiler ?
Pour elles, pour nous, pour les prochaines
Icônes dans nos mémoires
Ces filles nous illuminant
Telles des trésors à défendre
Elles répondent à nos questions
Pourquoi lutter ? continuer ?
Pour nous et pour les prochaines
Mémoires iconiques
Ces fillumines
Trésor à défendre
Réponses aux questions
Mais pourquoi lutter ?
Pour les prochaines
Marine Sidney-Renaud
Autobiographie
Odeur : Je rentrais dans la cuisine et cette odeur indéfinissable mais tellement reconnaissable par mes narines italiennes me mettait l'eau à la bouche instantanément.
Phrase entendue : Quelques jours plus tard, elle résonnait encore dans mes oreilles cette phrase maudite. Elle avait franchi la bouche de ma sœur sans effort et pourtant...
Choix : Il avait fallu faire un choix et ce prénom à ailes m'avait paru évident.
Secret : Ce n'était pourtant pas un secret dans cette famille ce prénom prononcé par ma mère mais tous faisait comme si tel avait été le cas.
Honte : Elle criait du haut de sa fenêtre, elle m'insultait, insultait mes parents et du haut de mes 17 ans pour dépasser cette honte, je l'invitais à descendre si elle était une femme.
Réussite : Youpi je n'y crois pas c'est mon nom sur le tableau, je l'ai VICTOIRE...
Objet : Je me la suis offerte, je me suis fait ce cadeau et comme il me plaît, je le regarde, je la regarde, elle est décidée et décontractée.
Silence : Il reste pesant ce silence après l'annonce que je lui ai faite.
Réconfort : J'ai lu et relu son texto oui je n'ai pas rêvé elle a écrit « Maman » j'en pleure
Joie : Je le retrouve après cette longue séparation, j'ai l'impression qu'il a grandi mais à son âge ce n'est plus possible. Je le serre dans mes bras mon petit ou plutôt c'est lui qui me serre dans ses bras.
Lunettes : Sa main ferme serrait la mienne. Nous montions au-dessus de la pharmacie Bruant, à l'étage se trouvait le rayon optique. Je me souviens que nous attendions longtemps. Ma mère m'invitait à rester tranquille. Enfin notre tour arrivait. Le choix devait être rapide et précis : petit prix pour une monture classique et des verres cassables. Je ne me souviens plus comment était cette paire de lunettes, je me rappelle seulement qu'elle était lourde sur mon petit nez d'enfant et lourde dans cette responsabilité de ne pas les casser. A 18 ans mes premières lunettes rondes à la « John Lenon » je dis bien mes premières car elles ont été nombreuses ensuite les verres sont devenus incassables donc plus légers. J'aime ma dégaine jean chemise blanche et lunettes rondes. J'ai 18 ans et la vie est joyeuse peut-être pas tous les jours mais ces lunettes participent à cette joie. Aujourd'hui les verres sont affinés, légers complexes qui filtrent la lumière, la lumière bleue des écrans ils coûtent un max mais sont toujours cerclés d'une monture rouge, écaille, ou verte mais toujours ronde bien sûr.
MJF
Si j'étais un personnage de roman, si j'étais un personnage de roman, quel personnage je serais ?
Je serais la jeune fille à la perle de Tracy Chevalier. Bon vous allez me dire être la bonne de Wermeer c'est pas exactement exaltant mais bien maligne la gaillotte, j'apprendrais toutes ses techniques de peinture. Notamment comment il réalisait la profondeur de ses tableaux, comment il arrivait à donner un tel contraste avec un dégradé de couleur qui signe sa particularité ou comment il arrive à faire porter toute l'attention de l'observateur sur le globe et la fenêtre dans l'astronome ou bien encore comment est-il possible, lui qui a peint si souvent des personnages, on puisse reconnaître son style en admirant la vue de Delft
MJF
Un jour, je pars, je laisse tout derrière moi, la belle maison, le mari, la famille, l'ordre établi, le couple parfait, les conventions et je pars. Je pars pour me retrouver, enfin, retrouver mon essence propre, mes envies, mes besoins, mes désirs les plus profonds, sans contraintes, enfin, pouvoir respirer, reprendre son souffle, seule et revivre enfin.
MJF
Toc, toc,
Un homme âgé ouvre la porte.
-Bonjour tonton comment ça va ?
Le tonton regarde en se penchant de chaque côté de la rue et:
-Salut, tu es tombé en panne?
-Non pourquoi ? Tata est là ? Tu me laisses entrer ?
-Ben la dernière fois que tu t'es pointé c'était il y a un bon bout de temps genre 10 ans non ?
-Ah, ah, sacré tonton. Tata est là
-C'est con tu l'as loupé de peu, elle est morte l'année dernière
Le neveu change de tête
-Qu'est-ce que tu racontes tonton ?
-Bon et toi ? Quoi de neuf qu'est ce que tu viens faire dans le coin ?
-Tonton, dis elle est où tata ?
-Ben t'es inquiet maintenant toi ? C'est nouveau ? Tu veux un café ?
-Ben, je comprends pas si elle était morte on m'aurait prévenu, non ?
-Je t'ai connu plus bavard, je t'ai coupé la chique avec tata, hein ?
-Tonton déconnes pas avec ça !!! Dis moi où elle est ?
-Ah, ah détends toi jeune homme on va bien se marrer avec ta tante quand je lui expliquerais comment tu as flippé quand tu ne l'as pas trouvé et que je lui raconterais notre rencontre.
MJF
